Le prochain combat de Muna Dahouk, c’est l’avenir de la Syrie
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Pour de nombreux fans de judo, Muna Dahouk est l’une des athlètes marquantes de l’équipe des réfugiés de la Fédération Internationale de Judo. Pendant des années, elle a porté une histoire bien plus grande que les seuls résultats, façonnée par la guerre, la perte et le refus d’abandonner. Aujourd’hui, cette histoire a pris un nouveau tournant fort : après sept années passées comme réfugiée aux Pays-Bas, elle est retournée en Syrie pour aider à reconstruire son pays.
C’est une décision remarquable par son courage. Muna a expliqué qu’elle voulait rentrer non seulement parce que la Syrie est son pays, mais aussi parce qu’elle se sentait responsable d’apporter sa contribution après tout ce que le pays a enduré. Elle est rentrée il y a cinq mois, avec l’espoir de mettre l’expérience et les connaissances acquises à l’étranger au service de l’avenir de la Syrie.
Son retour a été profondément chargé d’émotion. Muna a décrit un contraste douloureux entre ce qu’elle avait vu lors d’une brève visite en 2024, avant la chute du régime, et ce qu’elle a ressenti après son retour à la suite de la libération. Plus tôt, elle avait vu un pays marqué par la peur et le désespoir. Plus tard, elle a vu des personnes vivre la liberté d’une manière qui l’a profondément émue.
Aujourd’hui, elle travaille au sein du nouveau ministère syrien des Sports et de la Jeunesse, dans le secteur de la jeunesse. Ce rôle correspond à une conviction qu’elle exprime clairement : les jeunes peuvent être une force de changement positif. Pour Muna, reconstruire ne consiste pas seulement à rebâtir des institutions ou des infrastructures. Il s’agit aussi d’offrir à la prochaine génération le soutien nécessaire pour façonner un avenir différent.
Le judo n’a jamais cessé de faire partie de son parcours.
Le sport l’accompagne depuis le tout début. Muna a commencé le judo à l’âge de six ans, dans une famille entièrement liée à cette discipline, son père travaillant comme entraîneur de judo. Elle a décrit le tatami comme faisant partie du quotidien pour elle et ses frères et sœurs, un lieu où leurs premiers pas ont été faits.
Puis la guerre a tout changé. Le club où elle a grandi et s’est entraînée a été bombardé et détruit, et le judo a disparu de sa vie lorsque survivre est devenu la priorité. À ce moment-là, elle ne s’attendait pas à reprendre un jour la pratique.
Cela a changé grâce à l’IJF Refugee Team. Ce qui avait commencé comme une occasion de reprendre l’entraînement est devenu quelque chose de bien plus profond. Muna a expliqué que le judo était devenu un message d’espoir, montrant que le sport peut offrir une seconde chance même dans les circonstances les plus difficiles.
Elle a aussi trouvé au sein de l’équipe un lien qui allait au-delà de la compétition. La souffrance partagée, la résilience et la solidarité ont créé quelque chose qui ressemblait à une famille. Ces moments, heureux comme douloureux, lui restent très proches du cœur.
Aujourd’hui, elle se concentre sur l’aide aux autres. Muna affirme que la Syrie compte de nombreux judokas talentueux, mais pas assez de soutien, d’attention ni d’opportunités. Son objectif est d’aider les jeunes athlètes à continuer de poursuivre des rêves que des circonstances difficiles peuvent facilement interrompre.
Son parcours est passé de la survie au soutien des autres.
Il n’y a pas de ligne d’arrivée spectaculaire dans cette histoire, et c’est peut-être ce qui la rend si réelle. Le parcours de Muna Dahouk à travers le judo, l’exil et le retour ne raconte pas seulement ce à quoi elle a survécu. Il raconte aussi ce qu’elle a choisi de construire ensuite, et les personnes qu’elle espère élever avec elle en chemin.
Source: IJF.org
Source image: IJF / International Judo Federation